Mirage

Vivre entre les pétales d'une rose fanée,

Là où on est assoiffé de vinaigres et d'eau de javel.

On mange la pierre

Et les cactus, lèvres saignantes!

Se recouvrant du sable du désert

Pour se protéger du froid haïtien!

 

Visant le mal dans sa plénitude

Vivant, Ă  la limite de l'existence

Panne d'essence sur la route;

Bon sens endommagé!

Chaos! Vide! Néant!

Espace infini!

Ce monde n'a plus d'âme,

Une autre race, l'ère  de l'humanoĂŻde...

Nos ados deviennent larves ou chrysalides

A force de boire

Le jus sucré de la délinquance.

 

La vie, il y a longtemps que nous et elle

On ne s'est pas croisé.

On ne fait que soigner les apparences,

On fait semblant

Mais ce n'est qu'un leurre.

 

Vivre sur les pétales d'une rose fanée,

Près d'un coeur en santé

Gravement blessé à l'intérieur,

Ciselé,

Comme la mer sait si bien le faire

Aux monstrueux rochers.

Salée est la douleur; Amères sont les pleurs.

Cris,

Et pourtant la joie se lit

Sur les pétales

De la rose fanée...

La beauté d'un mirage!

 

Panne d'essence sur la route,

La voiture roulait Ă  vive allure;

Bon sens endommagé c'est,

Puisque chauffeur fume, boit

Et se fait piper...

"Tiens, il a fait tomber son cerveau!"

Ivre et saoul en mĂŞme temps!

Sous le coup de l'orgasme se déversant

Dans le réservoir bucal de la "bitch!"

Quelle sale-beauté est l'image

Qui se couche sous l'mirage:

Morceaux du cervelet qui dégoulinent

Par les voies nasaux et auditives

Lentement, sensuellement...

 

Vert olive est cet estomac en plastique,

Bouche de volcan

Avec larves salivaires

On broie et l'acier

Et le fer

Avec des dents de lait.

Morceaux de viandes vertes

Faites de plombs.

Sauce fumante, piquante, malodorante...

Digestion accomplie,

Le diable grandit bien

Avec son visage angélique,

Eblouissant, lunaire.

 

Des yeux trop  grands,

Sportlight mĂŞme ne peut pas rivaliser avec,

Forme de palmier,

La posture fĂ©minine  parfaite,

Démarche élégante de canard même!

Gonflé est le mini tableau triangulaire de la salope,

Doux et sucrés sont ses mamelons diformes,

Langage soutenu et clair comme du cristal

Que des mirages,

Je te parlais d'une  poupĂ©e

Qui vit sous les pétales de la rose fanée...

 

La vie, il y a longtemps que nous et elle,

On ne s'est pas croisé.

On ne fait que soigner les apparences,

On fait semblant,

Mais il n'y a rien qui bouge vraiment

Au fond de l'océan:

LĂ , dans le centre

De notre moteur cardiaque!

 

Et

La corvée sourit...

Et

Mirage s'en réjouit...

 

 

Alcinor Arthur (ARTH')

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